Randevoo - Épisode 10
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Randevoo - Épisode 10 این آلبوم بهادار می‌باشد

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3 سال پیش
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قسمت 12 توهمات گم‌شده   www.francaisgram.com/randevoo 12. Les illusions perdues Notre génération est trop superficielle pour le mariage. On se marie comme on va au MacDo. Après, on zappe. Comment voudriez-vous qu’on reste toute sa vie avec la même personne dans la société du zapping généralisé ? Dans l’époque où les stars, les hommes politiques, les arts, les sexes, les religions n’ont jamais été aussi interchangeables ? Pourquoi le sentiment amoureux ferait-il exception à la schizophrénie générale ? Et puis d’abord, d’où nous vient donc cette curieuse obsession : s’escrimer à tout prix pour être heureux avec une seule personne ? Sur 558 types de sociétés humaines, 24 % seulement sont monogames. La plupart des espèces animales sont polygames. Quant aux extraterrestres, n’en parlons pas : il y a longtemps que la Charte Galactique X23 a interdit la monogamie dans toutes les planètes de type B#871. Le mariage, c’est du caviar à tous les repas : une indigestion de ce que vous adorez, jusqu’à l’écœurement. « Allez, vous en reprendrez bien un peu, non ? Quoi ? Vous n’en pouvez plus ? Pourtant vous trouviez cela délicieux il y a peu, qu’est-ce qui vous prend ? Sale gosse, va ! » La puissance de l’amour, son incroyable pouvoir, devait franchement terrifier la société occidentale pour qu’elle en vienne à créer ce système destiné à vous dégoûter de ce que vous aimez. Un chercheur américain vient de démontrer que l’infidélité est biologique. L’infidélité, selon ce savant renommé, est une stratégie génétique pour favoriser la survie de l’espèce. Vous imaginez la scène de ménage : « Mon amour, je ne t’ai pas trompée pour le plaisir : c’était pour la survie de l’espèce, figure-toi ! Peut-être que toi tu t’en fous, mais il faut bien que quelqu’un s’en préoccupe, de la survie de l’espèce ! Si tu crois que ça m’amuse !… » Je ne suis jamais rassasié : quand une fille me plaît, je veux en tomber amoureux ; quand j’en suis amoureux, je veux l’embrasser ; quand je l’ai embrassée, je veux coucher avec elle ; quand j’ai couché avec elle, je veux vivre avec elle dans un meublé ; quand je vis avec elle dans un meublé, je veux l’épouser ; quand je l’ai épousée, je rencontre une autre fille qui me plaît. L’homme est un animal insatisfait qui hésite entre plusieurs frustrations. Si les femmes voulaient jouer finement, elles se refuseraient à eux pour qu’ils leur courent après toute leur vie. La seule question en amour, c’est : à partir de quand commence-t-on à mentir ? Êtes-vous toujours  aussi heureux de rentrer chez vous pour retrouver la même personne qui vous attend ? Quand vous lui dites « je t’aime », est-ce que vous le pensez toujours ? Il y aura bien – c’est fatal – un moment où vous vous forcerez. Où vos « je t’aime » n’auront plus le même goût. Pour moi, le déclic, ça a été le rasage. Je me rasais tous les soirs pour ne pas piquer Anne en l’embrassant la nuit. Et puis, un soir – elle dormait déjà (j’étais sorti sans elle jusqu’au petit jour, typiquement le genre de comportement minable que l’on se permet avec l’excuse du mariage) – je ne me suis pas rasé. Je pensais que ce n’était pas grave, puisqu’elle ne s’en rendrait pas compte. Alors que cela signifiait simplement que je ne l’aimais plus. Quand on divorce on achète toujours La Séparation de Dan Franck. La première scène est émouvante : pendant une pièce de théâtre, l’homme s’aperçoit que sa femme ne l’aime plus car elle retire sa main de la sienne. Il tente de la reprendre mais elle l’enlève à nouveau. Je me disais : quelle salope ! Pourquoi autant de cruauté ? Ce n’est pourtant pas compliqué de laisser sa main dans la main de son mari, merde ! Jusqu’au jour où la même chose m’est arrivée. Je me suis mis à repousser la main d’Anne sans arrêt. Elle me prenait gentiment la main, ou le bras, ou bien posait sa main sur ma cuisse quand nous regardions la télé, et moi que voyais-je ? Une main molle, blanchâtre, avec la consistance d’un gant Mappa. Je frissonnais de dégoût. C’était comme si elle posait un poulpe sur moi. Je culpabilisais : mon Dieu, comment en étais-je arrivé là ? J’étais devenu la salope du livre de Dan Franck. Elle insistait pour mêler ses doigts aux miens. Je me forçais, sans parvenir à réprimer une grimace. Je me levais d’un bond, soi-disant pour aller pisser, en réalité juste pour fuir cette main. Puis je revenais sur mes pas, pris de remords, et je regardais sa main que j’avais aimée. Sa main que je lui avais demandée devant Dieu. Sa main que, trois ans plus tôt, j’aurais donné ma vie pour tenir ainsi. Et je ne ressentais que haine de moi, honte d’elle, indifférence, envie de chialer. Et je serrais contre mon cœur cette pieuvre molle, puis je lui faisais un baisemain mouillé de tristesse et de dépit. L’amour est fini quand il n’est plus possible de revenir en arrière. C’est comme ça qu’on s’en rend compte : de l’eau a coulé sous les ponts, l’incompréhension règne ; on a rompu sans même s’en apercevoir.  

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